Querelle 1.2
Flèches en verre moulé, écarteurs médicaux
4 × 60 cm
Dans « Querelle », Floryan Varennes fait appel à des gestes de préservation détournés de leur usage initial et les place au bord de la rupture. Des flèches en verre doubles, aiguisées aux deux extrémités, reposent sur des écarteurs chirurgicaux : des objets conçus pour ouvrir, maintenir et réparer, mais qui se transforment ici en supports d’un armement symbolique. Il ne s’agit pas tant de viser que de désigner : un danger, une faille, un souvenir.
S'appropriant la tradition militaire consistant à exposer les armes des vaincus, l'artiste compose un dispositif de trophées suspendus, où la vulnérabilité semble précéder l'attaque. Le corps est absent, mais suggéré par des cavités – trop fragiles pour se manifester, ou déjà brisées. La flèche réfléchie ne se contente plus de menacer l'autre : elle tourne autour de soi, telle une pensée intrusive, un désir de chute, une guerre intérieure. Cette tension entre bienveillance et contrainte fait également écho à la réflexion de Maria Puig de la Bellacasa, pour qui la bienveillance n’est jamais neutre, mais toujours située, influencée par les rapports de pouvoir, les vulnérabilités partagées et les responsabilités différenciées. L’œuvre devient ainsi un lieu de friction entre attention et contrôle, où le geste de bienveillance, au lieu d’apaiser, révèle les profondes asymétries qui organisent nos existences.
« Querelle » trace ainsi une frontière floue entre le soin de soi et l’instinct de destruction, dans une tension auto-immune où l’acte de se protéger recèle également celui de tendre la main vers soi-même. L’œuvre ne montre pas un corps, elle en évoque la mémoire : celle d’une bataille muette et acharnée, et d’un désarmement toujours en suspens. Le titre Querelle incarne cette tension subtile, une lutte intérieure silencieuse. Il évoque un conflit invisible, où les objets de soin et de protection se transforment en symboles d'une fragilité suspendue. Plutôt qu'une attaque, il s'agit d'une confrontation avec soi-même, où le geste de se défendre peut également receler celui de se transformer, dans un équilibre fragile entre persistance et rupture.
Querelle 1.2
Flèches en verre moulé, écarteurs médicaux
4 × 60 cm
Dans « Querelle », Floryan Varennes fait appel à des gestes de préservation détournés de leur usage initial et les place au bord de la rupture. Des flèches en verre doubles, aiguisées aux deux extrémités, reposent sur des écarteurs chirurgicaux : des objets conçus pour ouvrir, maintenir et réparer, mais qui se transforment ici en supports d’un armement symbolique. Il ne s’agit pas tant de viser que de désigner : un danger, une faille, un souvenir.
S'appropriant la tradition militaire consistant à exposer les armes des vaincus, l'artiste compose un dispositif de trophées suspendus, où la vulnérabilité semble précéder l'attaque. Le corps est absent, mais suggéré par des cavités – trop fragiles pour se manifester, ou déjà brisées. La flèche réfléchie ne se contente plus de menacer l'autre : elle tourne autour de soi, telle une pensée intrusive, un désir de chute, une guerre intérieure. Cette tension entre bienveillance et contrainte fait également écho à la réflexion de Maria Puig de la Bellacasa, pour qui la bienveillance n’est jamais neutre, mais toujours située, influencée par les rapports de pouvoir, les vulnérabilités partagées et les responsabilités différenciées. L’œuvre devient ainsi un lieu de friction entre attention et contrôle, où le geste de bienveillance, au lieu d’apaiser, révèle les profondes asymétries qui organisent nos existences.
« Querelle » trace ainsi une frontière floue entre le soin de soi et l’instinct de destruction, dans une tension auto-immune où l’acte de se protéger recèle également celui de tendre la main vers soi-même. L’œuvre ne montre pas un corps, elle en évoque la mémoire : celle d’une bataille muette et acharnée, et d’un désarmement toujours en suspens. Le titre Querelle incarne cette tension subtile, une lutte intérieure silencieuse. Il évoque un conflit invisible, où les objets de soin et de protection se transforment en symboles d'une fragilité suspendue. Plutôt qu'une attaque, il s'agit d'une confrontation avec soi-même, où le geste de se défendre peut également receler celui de se transformer, dans un équilibre fragile entre persistance et rupture.