Même les spectres peuvent se fatiguer
Une exposition personnelle consacrée aux nouvelles œuvres de Floryan Varennes.
Exposition à Xxijra Hii du 14 mars au 18 avril 2026.
Être pris en charge, c’est aussi être surveillé. Être soigné, c’est être manipulé. Où s’arrête la protection et où commence le contrôle ? Et que reste-t-il de nous lorsque les soins deviennent une architecture qui entoure le corps ?
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Spike (Cendre)
2026
Verre et acier inoxydable
31 x 6 cm
2 650 £ / 3 000 €
Renseignez-vous ici
Dans l’univers fantastique, les elfes sont souvent dépeints comme dotés d’une ouïe très fine. Les oreilles interrogent les économies de la violence, tant historiques que contemporaines ; elles font allusion aux rituels de guerre dans lesquels une oreille coupée devient un trophée. Témoignage muet de la domination, arrachées au corps et reclassées en tant que preuves, elles sont pourtant ici mises en mouvement, nous propulsant dans un monde périphérique. Dans cette fusion entre le réel et la fiction, un organe autrefois à l’écoute des sons et de la perception est détaché de sa fonction, transformé en relique – un artefact du pouvoir.
Varennes a récemment reçu le prix de résidence de la Villa Busan à Busan, en Corée du Sud, et a récemment exposé au Louvre-Lens en 2025 ; certaines de ses œuvres ont été acquises par les collections nationales du FRAC Alsace - Sélestat (FR), FRAC Poitou-Charentes - Angoulême (FR), FRAC Occitane - Musée des Abattoirs - Toulouse (FR), Musée du Verre - Musée de France - Meisenthal (FR) et Sunpride Fondation - Hong Kong (HK).
Pixie 1.2
2026
PVC sablé, acier, tubes médicaux, acier inoxydable
99 x 42 x 22 cm
3 500 £ / 4 000 €
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Avec une maîtrise clinique et une profonde sensibilité, Varennes rend son univers visible à travers la peau transparente de matériaux tels que le PVC et le verre. La surface poreuse des œuvres s’ouvre sur un univers en couches : des veines se ramifiant comme des cartes fragiles ou des formations complexes en acier. On y rencontre ce que l’artiste décrit comme des spectres : des enveloppes protectrices, des structures renforcées qui suggèrent un corps sans toutefois le reconstituer pleinement, des fragments d’armure. Tout est mesuré, tout est maintenu en tension, créant une géométrie de la bienveillance qui soutient et confine. Au sein de cette anatomie, les matériaux sont à la fois mécaniques et tendres, artificiels et vivants. Dans ce défilé silencieux, la vie persiste sans se plaindre ; aux côtés de ce qui la trouble, elle vit au cœur de ses propres blessures.
Varennes a récemment reçu le prix de résidence de la Villa Busan à Busan, en Corée du Sud, et a récemment exposé au Louvre-Lens en 2025 ; certaines de ses œuvres ont été acquises par les collections nationales du FRAC Alsace - Sélestat (FR), FRAC Poitou-Charentes - Angoulême (FR), FRAC Occitane - Musée des Abattoirs - Toulouse (FR), Musée du Verre - Musée de France - Meisenthal (FR) et Sunpride Fondation - Hong Kong (HK).
Spike (Brume)
2026
Verre et acier inoxydable
33 x 6 cm
2 650 £ / 3 000 €
Renseignez-vous ici
Dans l’univers fantastique, les elfes sont souvent dépeints comme dotés d’une ouïe très fine. Les oreilles interrogent les économies de la violence, tant historiques que contemporaines ; elles font allusion aux rituels de guerre dans lesquels une oreille coupée devient un trophée. Témoignage muet de la domination, arrachées au corps et reclassées en tant que preuves, elles sont pourtant ici mises en mouvement, nous propulsant dans un monde périphérique. Dans cette fusion entre le réel et la fiction, un organe autrefois à l’écoute des sons et de la perception est détaché de sa fonction, transformé en relique – un artefact du pouvoir.
Varennes a récemment reçu le prix de résidence de la Villa Busan à Busan, en Corée du Sud, et a récemment exposé au Louvre-Lens en 2025 ; certaines de ses œuvres ont été acquises par les collections nationales du FRAC Alsace - Sélestat (FR), FRAC Poitou-Charentes - Angoulême (FR), FRAC Occitane - Musée des Abattoirs - Toulouse (FR), Musée du Verre - Musée de France - Meisenthal (FR) et Sunpride Fondation - Hong Kong (HK).
Arche
2025
PVC sablé, acier, tubes médicaux, acier inoxydable
185 x 40 x 25 cm
6 950 £ / 8 000 €
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Faisant écho aux univers spéculatifs d’Ursula K. Le Guin, où fragilité, transformation et survie coexistent au-delà des oppositions binaires, Varennes construit un écosystème en suspension, en devenir. Plutôt que de mettre en scène la conquête ou la résolution, ses œuvres se situent à la frontière. Les corps sont altérés mais non effacés, et l’endurance devient une forme subtile de résistance.
Être pris en charge, c’est aussi être surveillé. Être soigné, c’est être manipulé. Où s’arrête la protection et où commence le contrôle ? Et que reste-t-il de nous lorsque les soins deviennent une architecture qui entoure le corps ?
Varennes a récemment reçu le prix de résidence de la Villa Busan à Busan, en Corée du Sud, et a récemment exposé au Louvre-Lens en 2025 ; certaines de ses œuvres ont été acquises par les collections nationales du FRAC Alsace - Sélestat (FR), FRAC Poitou-Charentes - Angoulême (FR), FRAC Occitane - Musée des Abattoirs - Toulouse (FR), Musée du Verre - Musée de France - Meisenthal (FR) et Sunpride Fondation - Hong Kong (HK).
Spike (Sève)
2026
Verre et acier inoxydable
34 x 6 cm
2 650 £ / 3 000 €
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Dans l’univers fantastique, les elfes sont souvent dépeints comme dotés d’une ouïe très fine. Les oreilles interrogent les économies de la violence, tant historiques que contemporaines ; elles font allusion aux rituels de guerre dans lesquels une oreille coupée devient un trophée. Témoignage muet de la domination, arrachées au corps et reclassées en tant que preuves, elles sont pourtant ici mises en mouvement, nous propulsant dans un monde périphérique. Dans cette fusion entre le réel et la fiction, un organe autrefois à l’écoute des sons et de la perception est détaché de sa fonction, transformé en relique – un artefact du pouvoir.
Varennes a récemment reçu le prix de résidence de la Villa Busan à Busan, en Corée du Sud, et a récemment exposé au Louvre-Lens en 2025 ; certaines de ses œuvres ont été acquises par les collections nationales du FRAC Alsace - Sélestat (FR), FRAC Poitou-Charentes - Angoulême (FR), FRAC Occitane - Musée des Abattoirs - Toulouse (FR), Musée du Verre - Musée de France - Meisenthal (FR) et Sunpride Fondation - Hong Kong (HK).
Spike (Ombre)
2026
Verre et acier inoxydable
31 x 6 cm
2 650 £ / 3 000 €
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Dans l’univers fantastique, les elfes sont souvent dépeints comme dotés d’une ouïe très fine. Les oreilles interrogent les économies de la violence, tant historiques que contemporaines ; elles font allusion aux rituels de guerre dans lesquels une oreille coupée devient un trophée. Témoignage muet de la domination, arrachées au corps et reclassées en tant que preuves, elles sont pourtant ici mises en mouvement, nous propulsant dans un monde périphérique. Dans cette fusion entre le réel et la fiction, un organe autrefois à l’écoute des sons et de la perception est détaché de sa fonction, transformé en relique – un artefact du pouvoir.
Varennes a récemment reçu le prix de résidence de la Villa Busan à Busan, en Corée du Sud, et a récemment exposé au Louvre-Lens en 2025 ; certaines de ses œuvres ont été acquises par les collections nationales du FRAC Alsace - Sélestat (FR), FRAC Poitou-Charentes - Angoulême (FR), FRAC Occitane - Musée des Abattoirs - Toulouse (FR), Musée du Verre - Musée de France - Meisenthal (FR) et Sunpride Fondation - Hong Kong (HK).
Pixie 1.1
2026
PVC sablé, acier, tubes médicaux, acier inoxydable
69 x 25 x 25 cm
3 500 £ / 4 000 €
Renseignez-vous ici
Avec une maîtrise clinique et une profonde sensibilité, Varennes rend son univers visible à travers la peau transparente de matériaux tels que le PVC et le verre. La surface poreuse des œuvres s’ouvre sur un univers en couches : des veines se ramifiant comme des cartes fragiles ou des formations complexes en acier. On y rencontre ce que l’artiste décrit comme des spectres : des enveloppes protectrices, des structures renforcées qui suggèrent un corps sans toutefois le reconstituer pleinement, des fragments d’armure. Tout est mesuré, tout est maintenu en tension, créant une géométrie de la bienveillance qui soutient et confine. Au sein de cette anatomie, les matériaux sont à la fois mécaniques et tendres, artificiels et vivants. Dans ce défilé silencieux, la vie persiste sans se plaindre ; aux côtés de ce qui la trouble, elle vit au cœur de ses propres blessures.
Varennes a récemment reçu le prix de résidence de la Villa Busan à Busan, en Corée du Sud, et a récemment exposé au Louvre-Lens en 2025 ; certaines de ses œuvres ont été acquises par les collections nationales du FRAC Alsace - Sélestat (FR), FRAC Poitou-Charentes - Angoulême (FR), FRAC Occitane - Musée des Abattoirs - Toulouse (FR), Musée du Verre - Musée de France - Meisenthal (FR) et Sunpride Fondation - Hong Kong (HK).
Texte de l'exposition
Être pris en charge, c’est aussi être surveillé. Être soigné, c’est être manipulé. Où s’arrête la protection et où commence le contrôle ? Et que reste-t-il de nous lorsque les soins deviennent une architecture qui entoure le corps ?
En pénétrant dans « Even Spectres Can Tire », nous nous retrouvons dans un paysage à la fois naturel et chirurgical. Avec un contrôle clinique et une profonde sensibilité, Varennes rend son univers visible à travers la peau transparente de matériaux tels que le PVC et le verre. La surface poreuse des œuvres s’ouvre sur un univers stratifié : des veines qui se ramifient comme des cartes fragiles ou des formations complexes en acier. Nous y rencontrons ce que l’artiste décrit comme des spectres : des enveloppes protectrices, des structures renforcées qui suggèrent un corps sans toutefois le restaurer pleinement, des fragments d’armure. Tout est mesuré, tout est maintenu en tension, créant une géométrie de soin qui soutient et confine. Au sein de cette anatomie, les matériaux sont à la fois mécaniques et tendres, artificiels et vivants. Dans ce défilé silencieux, la vie persiste sans se plaindre ; côtoyant ce qui la trouble, elle reste vivante au cœur de ses propres blessures.
Les « Pixies » de l’exposition incarnent cet état. Des orthèses et des appareils qui apparaissent comme des alternatives possibles au corps ; en équilibre entre ce qui a été et ce qui reste à venir. Une ambiguïté similaire est également véhiculée par la forme du cocon évoquée dans Ark. Ce qui apparaît comme une protection suggère également l’isolement ; un corps coupé du monde. Le cocon protège par son enfermement ; une membrane qui maintient le corps en suspension et où la longévité n’est pas une rédemption, mais une endurance. Il devient à la fois refuge et confinement, dans une peau protectrice et poreuse qui préserve la vie.
Faisant écho aux univers spéculatifs d’Ursula K. Le Guin, où fragilité, transformation et survie coexistent au-delà des oppositions binaires, Varennes construit un écosystème en suspension, en devenir. Plutôt que de mettre en scène la conquête ou la résolution, ses œuvres se situent à la frontière. Les corps sont altérés mais non effacés, et l’endurance devient une forme subtile de résistance.
En contemplant l’œuvre de Varennes, nous plongeons dans les mondes fantastiques et les paysages que l’artiste explore numériquement à travers les jeux vidéo. Une trace de ces univers imaginaires persiste dans les branches de « Millefleurs » posées sur le sol. Ici, nous nous retrouvons suspendus entre nature et fantastique, entre présent et futur. Le parfum intense invite le spectateur à renouer avec le monde organique après avoir traversé le domaine stérile des structures artificielles.
L’expérience fantastique se poursuit dans *Spikes*, une série de fragments qui mettent l’accent sur la transformation par la métamorphose. Dans la tradition fantastique, les elfes sont souvent décrits comme dotés d’une ouïe très fine. Les oreilles interrogent les économies de la violence, tant historiques que contemporaines ; elles font allusion aux rituels de guerre dans lesquels une oreille coupée devient un trophée. Témoignage muet de la domination, arrachées au corps et reclassées comme preuves, elles sont pourtant ici activées, nous propulsant dans un monde périphérique. Dans cette fusion entre le réel et la fiction, un organe autrefois à l’écoute des sons et de la perception est détaché de sa fonction, transformé en relique – un artefact du pouvoir.
« Même les spectres peuvent se lasser » se présente comme un jardin médical artificiel où les significations restent en suspens. Un monde spéculatif peuplé de spectres, où le passé et l’avenir se chevauchent et où des histoires non résolues continuent de façonner le présent. Faisant écho au concept d’« hantologie » tel que théorisé par Jacques Derrida, l’exposition suggère un état dans lequel le présent est imprégné des fantômes de passés inachevés et d’avenirs non réalisés. Ces temporalités superposées persistent de manière matérielle : suspendues dans du verre, scellées dans du PVC et enfermées dans des coques protectrices où la persistance remplace la résolution. Ici, la vie reste en équilibre entre survie et transformation.
Texte de Francesco Pasquini

